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Filles, garçons : et si on changeait enfin de scénario ?

Les stéréotypes de genre ? Merci, mais non merci.

« 81% des parents sont conscients de leur rôle dans la transmission des stéréotypes de genre à leurs enfants. »

C’est ce que révèle une étude Ipsos publiée en 2025. Et franchement, ça ne m’étonne pas. Depuis le début, c’est exactement la mission du Monde de Laole : questionner, déconstruire, et surtout accompagner les enfants à grandir loin des cases trop étroites. 

Parce que oui, les clichés ont la vie dure. On les connaît, on les subit, et pourtant… ils continuent à circuler. Pourquoi est‑ce si difficile de s’en défaire ? Peut‑être parce qu’on ne mesure pas toujours à quel point on les transmet, souvent sans même s’en rendre compte.

Quand les masques tombent

Quand j’ai commencé à parler de ce projet, il y a quelques années, j’étais entourée de jeunes parents. Je pensais que ce serait simple : des échanges ouverts, du soutien, des idées partagées… Et au début, c’est ce que j’ai eu.

Puis certains masques sont tombés.

J’ai entendu des phrases sorties tout droit d’un autre temps :

  • « Tu veux créer une société d’homosexuels ? »
  • « C’est un truc de gaucho. »
  • « Un garçon doit rester un mec, une fille, une fille. »

J’étais sidérée. Pas seulement par la violence des mots, mais par le fait qu’ils viennent de personnes que je pensais ouvertes, tolérantes. Des gens “comme moi”.

Sauf que voilà : entre les idées qu’on soutient en théorie et ce qu’on est prêt à appliquer pour ses propres enfants, il y a parfois un énorme fossé.

Genre, sexe : on parle de quoi, exactement ?

J’ai compris qu’il y avait une confusion énorme entre sexe et genre.
Le sexe, c’est biologique.
Le genre, ce sont les rôles, attitudes, comportements qu’on colle là‑dessus : le garçon protecteur, fort, sûr de lui. La fille douce, attentive, discrète.

Comme si tout ça était écrit d’avance. Et surtout, comme s’il ne fallait pas y toucher.

Quand on devient parent, on flippe

Devenir parent réveille des peurs. On veut protéger. Et parfois, “protéger”, c’est… reproduire.

On s’accroche à ce qu’on connaît, à ce qui nous rassure. Notre éducation devient un refuge, un cadre, une référence. On veut le meilleur pour nos enfants, mais sans forcément bousculer notre zone de confort. Alors oui, on comprend que le changement est nécessaire… mais pour les autres. Pas pour nous. Pas pour nos enfants.

Le problème, c’est que ces petits biais qu’on perpétue deviennent leur normalité. Leur monde.

Et au fond, la vraie question, c’est celle‑ci :

« Tu veux vraiment que ton enfant grandisse dans un monde qui limite ses rêves juste parce qu’il est né fille ou garçon ?« 

Pourquoi la poupée déclenche autant de crispations ?

« Mon fils ne jouera pas à la poupée, désolée ! »

Cette phrase, je l’ai entendue mille fois.

Ma réponse tient en deux questions très simples :

Pourquoi ?Tu as peur qu’il devienne un bon père ? Qu’il sache prendre soin d’un bébé ?

Pourquoi la poupée déclenche autant de crispations ?
Parce qu’elle vient toucher à ce qu’on croit immuable : les rôles genrés.

La poupée, c’est le soin, l’attention, le “prendre soin de”. Dès qu’un garçon s’en approche, tout notre système d’idées préconçues se met à clignoter.

Boys don’t cry ?

« Seulement 56% des garçons sont à l’aise pour dire qu’ils ont peur, contre 64% des filles. »

Et ça, c’est quand ils osent le dire.

Qui n’a jamais entendu un « Arrête de pleurnicher comme une fille » ? Comme si pleurer était une faiblesse. Comme si les émotions étaient genrées. On apprend aux petits garçons à être des durs, à cacher leurs larmes, à être des super‑héros.
On apprend aux filles à être douces, accommodantes… jusqu’à ce qu’on les traite d’hystériques dès qu’elles s’expriment trop fort.

On entend encore :

  • « Les filles jouent à la poupée, les garçons à la guerre. »
  • « Les filles sont sages, les garçons énergiques. »

On a tous grandi là‑dedans. Et parfois, on se surprend encore à le répéter.

Ces phrases, qui semblent “anodines”, ne le sont pas. Elles construisent des normes. Elles modèlent les enfants, puis les adultes qu’ils deviennent. Elles créent des cadres qui étouffent.

À quoi ressemblerait un monde sans tout ça ?

Un monde où cette différence ne serait plus un poids.
Où chacun·e pourrait trouver sa place sans avoir à se justifier.
Où on ne parlerait plus d’égalité comme d’un combat permanent, mais comme d’une évidence.

Je suis convaincue que tout commence par l’éducation. Dès la petite enfance. C’est là qu’on plante les graines.

Le regard que les enfants portent sur l’autre, sur “l’autre genre”, c’est à nous de le façonner. Pas pour leur imposer quoi que ce soit. Juste pour leur laisser la liberté de devenir eux‑mêmes.

Les capacités, les limites, les talents… tout cela devrait être personnel, pas genré.

Et si on changeait vraiment de regard ?

On ne demande pas à tout le monde de s’aimer.
On demande juste du respect.

Ne pas enfermer l’autre dans une case.
Ne pas limiter ses choix juste parce qu’il est né fille ou garçon.

Concrètement, ça peut commencer par de toutes petites choses :

  • Remplacer « Les garçons ne pleurent pas » par « Tu as le droit d’être triste, je suis là ».
  • Proposer tous les jouets à tous les enfants, sans commentaire.
  • Arrêter de dire « C’est un jeu de fille » ou « C’est un sport de garçon ».

C’est ce monde‑là auquel j’aimerais contribuer. Et je crois qu’on peut le construire. Ensemble.

C’est ça, l’ambition du Monde de Laole : accompagner ce changement, dès l’enfance.

Et vous, quel est le stéréotype que vous avez dû déconstruire ?

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